Suite à mon article précédent, plusieurs lecteurs m’ont demandé ce qu’était le cloud computing. D’autres dans notre forum de discussion Boostzone se posaient la question il y a quelques temps de la différence entre cloud computing et SaaS. C’est vrai que si l’on n’est pas initié, il y a de quoi s’y perdre en ce moment, et pourtant ces concepts sont fondamentaux. Bien entendu Wikipedia possède les entrées nécessaires à leur définition, mais voici les explications que je donnais il y a quelques mois sur ce sujet :

1/ SaaS (Software as a Service) correspond à la capacité a fournir un logiciel non pas sous forme de licence à installer sur ses propres serveurs, mais sous forme de service en ligne payable au mois ou à l’usage. Donc le logiciel n’est plus un logiciel au sens traditionnel, avec procédure d’installation, etc… mais un service que l’on active en ligne en self-service et que l’on peut utiliser à la demande. Nous avions été les premiers en France à introduire ce concept dès 2002 avec Mayetic.

2/ Le cloud computing est une commodité délivrée par un fournisseur donné, et offrant une infrastrucutre globale d’exécution d’applications sur internet. Donc de la CPU (pour faire tourner les applis), du stockage (pour stocker les données) et de la bande passante (pour gérer les accès utilisateurs). A la différence d’un hébergeur normal, qui va vous louer un ou plusieurs serveurs, une capacité de stockage limitée et de la bande passante limitée, les fournisseurs de cloud computing jouent sur la mutualisation de leurs ressources et offrent des capacités illimitées sur tous les plans, avec possibilité de progression immédiate (scalability en anglais). L’image du cloud vient du fait que dans ce genre d’insfrastructure les applications et leurs données tournent quelque part sur internet, mais on ne sait plus où, tellement les data center de ces compagnies sont gigantesques. On ne choisit plus une machine physique, on choisit de stocker “sur internet” (le fameux cloud, internet étant toujours représenté par un nuage dans les schémas) sans se soucier de la localisation.

Cette notion de cloud computing est née à partir des gigantesques infrastructures qu’ont conçus les géants américains de l’internet, et l’un des premiers a été Amazon qui a très tôt sorti son service S3 de stockage en ligne facturé à la consommation, et que plein de startups du web 2.0 utilisent pour stocker leurs innombrables données. Plus besoin de s’embêter avec l’espace de stockage, il est infini, et payé à la consommation. Amazon a ensuite sorti son service EC2 de machines virtuelles, instanciables à volonté, puis tout récemment un service de bases de données.

SalesForce a mélangé SaaS et cloud computing dans son offre AppsExchange, où n’importe qui peut venir construire et héberger des applications tournant dans l’environnement SalesForce.com.

Google a été aussi le premier à donner l’exemple, ayant sa propre infrastructure de cloud computing (aussi important pour son succès que la performance de ses algorithmes de recherche), et brisant le premier les limitations en terme de capacité de stockage de ses services et offrant d’abord 1 Go gratuitement pour ses boites aux lettres, jusqu’à 6 Go aujourd’hui et 25 Go dans Google Apps premium. Mais en fait Google vise à moyen terme le stockage illimité pour tous ses services !

Et de plus Google vient de sortir il y a 2 mois sa première interface donnant l’accès direct à son infrastructure de cloud, App Engine, ouvrant des perspectives extraordinaires également. Car autant chez Amazon on passe encore par des machines virtuelles, autant chez Google même cette notion a disparu, Google fournira de manière transparente et automatique à votre application autant de CPU qu’elle en a besoin en fonction de sa montée en charge.

Pourquoi cette notion de cloud est-elle si importante ? Car elle a ouvert une nouvelle dimension à la gestin des ressources informatiques, en s’affranchissant de toute barrière physique. Plus de limite en terme de CPU, plus de limite en terme de stockage, plus de limite en terme de bande passante, toutes les applications seront hébergées à terme chez quelques gargantuesques data center répartis dans le monde, et cette facilité deviendra aussi courante que l’est l’eau ou l’électricité. D’ailleurs Nicholas Carr a écrit un livre sur le sujet, The big Switch, dont je relatais la sortie il y a quelques mois, et qui fait justement ce parallèle entre ce que devient la ressource internet grâce au cloud computing et ce qu’est devenu l’électricité. Car au début de l’électricité, il y avait plein de générateurs indépendants, et pas de réseaux nationaux ou internationaux (l’équivalent de nos hébergeurs actuels). Puis tout ceci se consolida pour donner lieu à une fourniture d’électricité prise en charge globalement, toutes les sources interconnectées et offrant un service unique et transparent à l’utilisateur (l’équivalent du cloud computing). Il en ira de même pour les ressources d’infrastructure informatique.

Chez Kimind cela plusieurs mois que nous avons basculé sur ces environnements, aussi bien pour nous que pour nos clients, puisque nous maitrisons maintenant avec nos équipes de développement aussi bien les environnements Amazon que Google. Et nos consultants en stratégie aident quotidiennement des grands-comptes et des PME à définir les meilleures stratégies d’évolution de leurs systèmes d’information et des usages de l’entreprise 2.0 qui en découlent. Et je peux vous garantir que là aussi ce sont des freins qui volent en éclats, des barrières qui se brisent, et des libertés supplémentaires qui se gagnent, pour le bénéfice de tous. Mais il n’en reste pas moins la question que je posais dans mon billet précédent : quid de l’Europe (et de la France) dans cette nouvelle bataille ?

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